Son d’Autrui

Projet expérimental au travers du son d’Autrui

Ce travail avec l’autre est une performance filmée et implique la notion d’échange, de compréhension et de réciprocité.

La radio, même dans une langue connue, devient vite monotone, parfois énervante et incompréhensible car les sons sont relativement similaires et les informations se répètent souvent en boucle. Par ailleurs, écouter la radio dans une langue étrangère en essayant de comprendre devient une tache très ardue. Le son est créé par le mélange des deux radios afin de créer une confusion et une non compréhension. C’est sur la langue de l’autre que chacun, les yeux bandés laisse aller le trait sur un tableau blanc et devient ainsi un filtre humain qui retranscrit graphiquement les sons.

Elle allumait la radio toute la journée pour habituer ses oreilles au français. Les voix, les thèmes, les programmes, les publicités se succédaient sans qu’elle s’en aperçût. Le français lui paraissait imprononçable. Les liaisons entre les mots faisaient qu’elle ne distinguait ni où ni quand un mot commençait ou se terminait ; elle ne pouvait saisir la prononciation d’aucun d’entre eux. La sonorité de la langue était sibylline. Le français était du chinois pour elle.
« Comment peut-on être français ? », Chahdortt Djavann, France : Flammarion, 2006
 

NAG