Cairn

Projet In Situ

Rencontre entre matière brute, photo, public et son.

L’empreinte, la trace laissée, l’érosion de la pierre et du message qu’elle porte, le tout amassé dans un endroit sans valeur esthétique particulière.

Sur chaque pierre, des adjectifs qui s’entrechoquent comme autant de sons diffus viennent mourir au sol, lus à voix haute par les passants qui contribuent à la construction désordonnée.

Cinq gros plans de l’ensemble de ces pierres, photographiés auparavant, sont installés sur cinq poteaux autour de cette masse à la manière de pierres tombales.

Au cours de ma production j’ai expérimenté le son produit par les rochers que j’ai enregistré par la suite. Le son produit par le claquement des rochers me rappelait la mort, dans la culture iranienne. En fait, les iraniens utilisent un petit morceau de pierre qu’ils font claquer sur le tombeau du défunt pour le saluer et lui parler. La croyance en la vie après la mort porte cette idée de  frapper à la porte du défunt afin de lui annoncer notre présence et lui demander audience. Cet acte a valeur d’apaisement car il assure à la personne que son cher défunt l’écoute.

M’inspirant de cela, j’ai demandé aux spectateurs et aux spectatrices de prendre part à l’installation. Il leur était demandé de prendre un rocher, d’énoncer à voix haute le mot inscrit dessus, et de le jeter sur le tas de façon aléatoire. Le son de claquement de rocher est alors mixé avec le son produit par les spectateurs, comme s’ils feuilletaient un livre de pierre dont chaque page ne comportait qu’un seul adjectif. En superposant ces sons, j’ai créé une installation sonore inspirée par les rituels, avec la répétition en boucle d’une même sonorité.

 

  • Nag